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Si pour un grand nombre de femmes, la grossesse est un moment d'attente et de joie, pour les femmes séropositives, elle peut être frustrante lorsque c'est leur statut, et non pas leur grossesse, qui occupe le devant de la scène. La grossesse expose les femmes séropositives à une forme de stigmatisation toute particulière.
Dans une étude menée auprès de femmes séropositives aux États-Unis, et dont les résultats ont été publiés lors de la conférence internationale sur le sida qui s'est tenue à Mexico en 2008, environ la moitié des personnes interrogées ont estimé que les femmes séropositives peuvent avoir des enfants si elles reçoivent des soins appropriés. Cependant, les femmes étaient approximativement aussi nombreuses à penser que la société les en décourage, ce qui révèle ce que les chercheurs appellent une dichotomie entre la vision des femmes concernant leur corps et celle de la société. Des choix difficiles En Namibie, Emma Tuahepa a été la première femme à révéler sa séropositivité au grand jour. Elle est également l'heureuse maman d'une petite fille de 6 ans, séronégative et en bonne santé. Mme Tuahepa a constaté que sept ans après l'introduction des services de prévention de la transmission mère-enfant dans le pays, les femmes enceintes séropositives sont toujours victimes de stigmatisation. « En tant que femme séropositive, vous êtes considérée comme irresponsable, parce que vous attendez un enfant, et que vous négligez votre propre santé. Du fait des possibilités de transmission mère-enfant, la grossesse des femmes séropositives est perçue comme un problème, car on considère que vous aggravez un problème existant », a-t-elle expliqué. « Ma fille peut devenir orpheline si je décède du VIH. Toutefois, [des parents séronégatifs] pourraient demain perdre la vie dans un accident et laisser derrière eux un orphelin », a fait remarquer Mme Tuahepa. Les préjugés ont finalement incité Mme Tuahepa à prendre des mesures drastiques. Après une insémination artificielle pratiquée en Afrique du Sud (cette technique de prévention n'est pas proposée en Namibie), elle a décidé de rester là-bas pendant toute la durée de sa grossesse et n'est retournée en Namibie qu'environ un an après. « Le fait que ce soit votre première grossesse, que vous choisissiez de vous rendre là où vous ne verrez ni votre famille, ni les personnes qui pourraient vous soutenir, et que vous laissiez tout derrière vous, révèle l'ampleur de la stigmatisation et de la discrimination ». De vives critiques En Afrique du Sud, d'après la dernière enquête prénatale réalisée en 2007, chaque année près de 300 000 grossesses sont menées par de futures mamans séropositives. Face à un chiffre aussi élevé, on pourrait s'étonner que Fikile Mabuza* pense être la seule femme enceinte séropositive de la clinique. Cette situation naît des idées fausses concernant le VIH et la grossesse. « Certaines personnes ne disposent d'aucune information, et parlent pour ne rien dire », a-t-elle expliqué. « Parfois, j'ai envie de leur donner un coup de poing car elles parlent de choses qu'elles ignorent totalement ; elles critiquent purement et simplement le VIH. Oui, le VIH. est meurtrier, mais on peut vivre avec ». Mme Mabuza a finalement perdu son enfant au cours du septième mois de grossesse, mais a expliqué qu'elle et son fiancé, séronégatif, prévoyaient d'essayer de nouveau en 2010.
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| France | ||||||
| Date de publication : Vendredi 30 janvier 2009 | ||||||



