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Contexte Les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), depuis le début de l’épidémie, sont très largement touchés par le VIH/sida. En Europe et en France, les dernières données épidémiologiques sur l’infection à VIH dépeignent une situation préoccupante : les rapports sexuels entre hommes sont le seul mode de contamination pour lequel il n’ait pas été enregistré de baisse des nouvelles contaminations depuis le début de cette décennie. Sur la même période, une recrudescence des comportements sexuels à risque a été observée ainsi qu’une augmentation des infections sexuellement transmissibles, dont la syphilis parmi les HSH. Objectifs L’étude PREVAGAY, mise en place par l’Institut de veille sanitaire (InVS), a pour objectif principal d’estimer la prévalence biologique de l’infection à VIH et son incidence chez des HSH qui fréquentent les lieux de convivialité gay parisiens, ainsi que de décrire les comportements sexuels à risque associés aux statuts sérologiques VIH. Son objectif secondaire était d’estimer la prévalence de l’infection par le VHC et celle de l'infection chronique par le VHB. Jusqu’à ce jour, en France, seules des données de prévalence VIH déclaratives étaient disponibles pour les HSH, provenant d’enquêtes comportementales. Au vu des données épidémiologiques et comportementales actuelles, il était important de disposer de données biologiques objectives. Mise en œuvre de L’enquête – Partenariats Dès 2007, les associations Lesbiennes, Gaies, Bisexuelles et Transsexuelles (LGBT) de lutte contre le VIH/sida (pôle prévention du Syndicat national des entreprises Gay (Sneg), Aides, ACT UP) ont été approchées afin de leur exposer les modalités de l’enquête et d’appréhender l’acceptation par la communauté gay d’une telle démarche. Un comité de suivi de l’étude a été mis en place réunissant les représentants institutionnels (DGS, Inpes, Drass-IDF, Dases Paris, CDAG Figuier) et les associations LGBT (Sneg, Aides, ACT-UP Paris, Sida Info Service). Il avait pour vocation d’informer, de valider les différents choix méthodologiques et d’accompagner la mise en œuvre de l’étude.
Cette étude a été réalisée en partenariat avec le Sneg pour le terrain, le Centre national de référence pour le VIH et le Centre national de référence pour les hépatites B, C et delta pour les analyses biologiques. Méthode Cette étude transversale anonyme, basée sur le volontariat, a été réalisée dans les établissements commerciaux de convivialités gay parisiens et comprenait deux volets concomitants et corrélés. Après lecture d’une lettre d’information présentant l’étude et ses objectifs, le participant était invité à remplir un consentement de participation. Dans un espace confidentiel de l’établissement, il lui était proposé de déposer sur un papier buvard six gouttes de sang par un auto-prélèvement capillaire au bout du doigt, puis de compléter un auto-questionnaire comportemental. Aucun résultat ne lui était communiqué, mais une offre de dépistage lui était proposée par l’intermédiaire d’une carte d’accès privilégié lui permettant d’être pris en charge rapidement dans un des trois CDAG parisiens partenaires de l’étude.
Quatorze établissements commerciaux de convivialité gay parisiens ont accepté de participer à l’étude : 9 saunas ou backrooms et 5 bars. Les intervenants de terrain, 14 au total, ont été recrutés pour leur connaissance des établissements et du milieu, notamment parmi l’équipe des délégués prévention du Sneg. Ils ont suivi une formation de 2 jours dont l’objectif était de maîtriser les différentes étapes de l’enquête, les outils techniques et l’argumentaire d’accompagnement des HSH participants. Une campagne d’information a été mise en œuvre 15 jours avant le lancement de l’enquête par voie d’affichage dans tous les établissements commerciaux de convivialité gay parisiens, par des articles dans la presse communautaire et par la création d’un site Internet dédié « prevagay.fr ». Durant 6 semaines, du 28 avril au 5 juin 2009, plus de 1500 hommes ont été abordés au cours de 56 interventions. Les plages horaires d’intervention s’échelonnaient de 14h00 à 22h00, soit trois sessions d’une durée de 3-4 heures par établissement. Chaque établissement était investigué à des jours et des heures différents afin de toucher un profil de clientèle le plus large possible. Résultats Figure 1 – Répartition journalière du nombre de participants et taux d’acceptation de l’enquête parmi les HSH abordés Les 917 buvards ont été envoyés au Centre national de référence pour le VIH qui a réalisé les analyses biologiques. Différents marqueurs ont fait l’objet de recherche à partir des 6 spots : les anticorps anti-VIH, les antigènes HBs, anticorps anti-HBc et anticorps anti-VHC. En cas de séropositivité des anticorps anti-VIH, les tests d’infection récente et de sérotypage étaient réalisés. Après validation et mise en concordance des données recueillies, 886 sérologies et questionnaires ont été retenus pour l’analyse. Les premiers résultats concernent uniquement l’estimation de la prévalence pour le VIH parmi les HSH fréquentant les lieux de convivialité gay parisiens.
Sur ces 157 hommes séropositifs, 126 se déclaraient positifs mais 31 ne le déclaraient pas. Aussi, parmi les HSH enquêtés séropositifs pour le VIH, 20 % indiquaient un statut différent. Ces hommes qui méconnaissaient leur positivité étaient plus jeunes que ceux qui la connaissaient, avec un âge médian de 37 ans (versus 41 ans). Parmi les participants méconnaissant leur statut, 22 % n’avaient jamais eu recours au test de dépistage VIH dans leur vie, pour autant, ils étaient 61 % à avoir réalisé ce test dans les 12 derniers mois. Tableau 2 - Répartition des répondants selon la fréquence du recours au test de dépistage pour le VIH et le statut sérologique pour le VIH VIH+ VIH- Recours aux tests de dépistage VIH
Ces résultats sont préliminaires. Les résultats concernant l’incidence pour le VIH, les hépatites B et C ainsi que ceux des déterminants comportementaux associés aux statuts sérologiques VIH (positif et négatif) suivront dans quelques mois. Cette étude est une première en France, grâce au soutien des associations LGBT, la méthodologie mise en œuvre a été bien acceptée par la population investiguée. Bien que les résultats de l’étude ne puissent être généralisés à l’ensemble de la population des HSH, ils contribueront à la définition des stratégies de dépistage et de prévention. En effet, les données de PREVAGAY et les recommandations de la Haute autorité de santé vont dans le sens d’un renforcement de l’incitation au dépistage pour cette population spécifique. Remerciements Nous souhaitons remercier vivement les exploitants des établissements de convivialité gay parisiens ayant accepter de participer à l'enquête, l'équipe du Sneg, les intervenants de terrain, les membres du comité scientifiques de l'ANRS, les membres du comité de suivi de l'enquête, les CDAG partenaires, le CNR pour le VIH, l'ANRS et tous les hommes ayant accepté de donner de leur temps pour cette enquête. Source : InVS, Sneg, ANRS | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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| Date de publication : Mardi 16 février 2010 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||




