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| Le présent examen des preuves s’inscrit dans une série sur la prévention et le contrôle du VIH et est organisé par le Centre de collaboration nationale des maladies infectieuses. Il a pour objectif de renseigner les praticiens de la santé publique et les travailleurs communautaires tout en orientant leur pratique. | ||||||
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Les femmes qui vivent avec le VIH/sida, comme d’autres femmes, pourraient vouloir éviter les grossesses non prévues ou non désirées. On devrait offrir aux femmes une large gamme de méthodes de contraception de manière à ce qu’elles puissent faire des choix éclairés liés à la reproduction. À l’échelle mondiale, vingt-cinq pour cent des femmes qui vivent avec le VIH/sida font preuve d’un besoin non satisfait en matière de contraception (1). Ce qui est encore plus important, les méthodes de contraception ne devraient pas augmenter le risque de transmission du VIH chez les femmes à risque, la progression de la maladie ou le taux de mortalité de ce même groupe ou encore, augmenter l’incidence d’infections transmises sexuellement (ITS) ou d’autres infections connexes au sein de cette population déjà vulnérable.
Cet examen des preuves énonce certaines méthodes de contraception à l’intention des femmes qui vivent avec le VIH/sida et des femmes qui sont à risque pour le VIH. Cet exposé n’inclut pas toutes les formes de contraception puisqu’il y a un manque de recherche liée au VIH. Cependant, d’autres méthodes qui ne sont pas décrites ici ont été qualifiées comme étant sécuritaires par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et selon cette dernière, elles peuvent être utilisées par les femmes qui vivent avec le VIH/sida et celles qui sont à risque (2). Ces méthodes comprennent les implants de lévonorgestrel et d’étonogestrel, le timbre contraceptif combiné, l’anneau vaginal et les méthodes d’abstinence périodique et classiques. On n’a trouvé aucune étude canadienne sur l’avortement ou sur le contraceptif d’urgence chez les femmes qui vivent avec le VIH/sida; cependant, étant donné les échecs de contraception, il importe que les femmes qui vivent avec le VIH/sida aient accès à ces méthodes. Dans un sondage mené au sein de régions internationales sur l’utilisation de contraceptifs oraux combinés et à faible dose (la progestine et l’œstrogène), les condoms, l’acétate de médroxyprogestérone-retard (AMPR) injectable, les dispositifs intra-utérins (DIU) au cuivre et la stérilisation féminine ou masculine (5), presque chaque région a fourni un niveau d’accès modéré aux CO (68 %), aux condoms (76 %), à l’AMPR (56 %) et aux DIU (50 %). La stérilisation féminine se situait entre 20 et 51 % et constituaient la méthode de contraception la plus utilisée dans les pays en voie de développement (5, 6). Le nombre de stérilisations masculines était plus faible et se situait à moins de 3 % (6) dans une étude et à entre 11 et 39 % dans une autre étude (5). Les chercheurs ont trouvé que les femmes qui vivent avec le VIH/ sida utilisaient les condoms plus souvent que les femmes qui sont séronégatives pour le VIH (7, 8). Dans une étude, quatre-vingt-quatre pour cent des couples discordants pour le VIH de Paris n’utilisaient que des condoms et 12 % utilisaient deux méthodes (les condoms et les CO ou les DIU) (8). On était six fois moins susceptible d’utiliser le condom comme seule forme de contraception chez les couples concordants pour le VIH comparativement aux couples discordants (8). On a montré que les personnes dans des relations personnelles à long terme et celles qui désirent une intimité, qui ont un partenaire abusif, qui utilisent des drogues, qui croient que les condoms diminuent la satisfaction sexuelle étaient moins motivées à utiliser le condom (9). Quel est le taux d’échecs des contraceptifs ? L’efficacité des méthodes de contraception dans la prévention des grossesses non prévues dépend de leur utilisation régulière et correcte (2). Les personnes qui ont plus d’expérience dans l’utilisation d’une méthode l’utilisent plus régulièrement et correctement. Le taux d’échec du condom masculin se situe à entre 1 et 15 % (2, 7). Le taux d’échec du condom féminin est de 5 à 21 %. Les CO ont un taux d’échec de 0,3 % lorsqu’on les utilise de façon régulière et de 8 % lorsqu’on s’en sert de façon plus ponctuelle. L’AMPR a un taux d’échec d’entre 0,3 à 3 %. Le dispositif intra-utérin libérant du lévonorgestrel (DIULL) est très efficace et a un taux d’échec de 0,2 %, et le taux d’échec du DIU est de 0,8 %. La cape cervicale a un taux d’échec d’entre 26 et 32 % et celui du diaphragme se situe à entre 6 et 16 %. La stérilisation masculine a un taux d’échec de 1:2000 comparé à 1:200 lorsqu’il s’agit de la stérilisation féminine.
Les CO et l’AMPR sont-ils associés à une transmission du VIH accrue ? On a trouvé dix études prospectives qui examinaient le risque de transmission du VIH et l’utilisation de l’AMPR; de ces études, quatre ont trouvé un risque statistique accru et appréciable (13, 19, 26, 27), une a trouvé un risque négligeable, mais élevé (28) et cinq n’ont trouvé aucune association (21–23, 25, 29). Deux études n’ont signalé une augmentation du risque d’infection au VIH que dans les sous-groupes avec des divergences d’âge et de l’état d’infection à virus d’herpès simplex (24, 28). La seule étude rétrospective trouvée sur les femmes séropositives pour le VIH qui utilisaient l’AMPR n’a révélé aucune association statistique entre les ITS et l’utilisation de l’AMPR (30). Les études qui ont indiqué une augmentation considérable du risque entre le VIH et la contraception hormonale (les CO et l’AMPR) étaient celles effectuées auprès de groupes à risque élevé, tels que les travailleurs du sexe (12, 13) ou les femmes qui fréquentaient des cliniques d’ITS (14, 19), à la différence des conclusions d’études menées auprès de la population générale qui ne trouvaient aucune association. La qualité de la méthodologie de ces études varie beaucoup et on doit donc faire preuve de prudence en analysant les résultats. En 2009, on a publié deux examens sur ce sujet et les résultats des deux concluent qu’il faut plus d’étude avant de pouvoir formuler des recommandations (31, 32). Dans un examen de 2009, Hel et autres (32) ont recommandé que de nouvelles études fassent intervenir de nombreuses personnes à risque élevé pour le VIH, qu’elles emploient une administration randomisée, contrôlée et sécuritaire de doses de contraceptifs définies, et qu’on assure le contrôle d’autres facteurs de confusion, tels que les infections génitales. Toutefois, à l’heure actuelle, l’OMS recommande l’utilisation de CO et de l’AMPR aux femmes qui vivent avec le VIH/sida ou aux femmes à risque pour le VIH (2). Est-ce que les CO ou l’AMPR affectent la progression de l’infection à VIH ? Par contraste, d’autres études n’ont révélé aucune association entre la contraception hormonale et la progression de l’infection au VIH (37- 40). Une importante analyse d’une cohorte de multiples pays effectuée en 2009, qui comprenait 4109 femmes admissibles avec une période de suivi moyenne de 379 journées, a trouvé que ni l’AMPR ou les CO n’étaient associés à la progression de l’infection au VIH (40). Une étude menée auprès de femmes nouvellement séropositives pour le VIH en Ouganda et au Zimbabwe a trouvé que l’utilisation des CO n’était pas associée de façon considérable à une charge virale plus élevée (38). Une autre étude sur les femmes qui vivent avec le VIH/ sida après l’accouchement n’a pas trouvé de lien avec l’augmentation de la charge virale ou avec la chute des lymphocytes T-CD4 (39). Dans une étude sur 460 femmes urbaines qui vivent avec le VIH/sida (de 15 à 35 ans) au Rwanda, l’utilisation des CO et de l’AMPR demeurait un indicateur considérable et à la limite, indépendant, d’un faible taux de mortalité malgré le fait que la charge virale et les numérations des lymphocytes T-CD4 n’était pas enregistrées (41). Bien qu’il manque toujours des conclusions définitives, l’OMS recommande actuellement l’utilisation de la contraception hormonale aux femmes qui vivent avec le VIH/sida (2). Il est à noter que la contraception hormonale pourrait avoir un effet sur certains médicaments antirétroviraux avec un effet possible et nuisible sur les numérations des lymphocytes T-CD4 et sur les charges virales (42). Par conséquent, on devrait prescrire un contraceptif qui soit compatible avec le régime antirétroviral. Les dispositifs intra-utérins sont-ils sécuritaires chez les femmes séropositives pour le VIH ? Les dispositifs intra-utérins (DIA) sont un autre moyen de contraception. Leur efficacité et facilité d’utilisation, en plus d’une période d’efficacité accrue (de cinq ans) qui réduit le risque de complications attribuable à l’insertion, font du DIU une bonne alternative en matière de contraception. L’utilisation du DIU par les femmes qui vivent avec le VIH/sida n’a pas indiqué une association à un risque de transmission plus élevé aux partenaires sexuels (2, 43). En 2004, l’OMS a modifié ses recommandations et a proposé une utilisation plus généralisée des DIU par les femmes qui vivent avec le VIH/sida. Le taux de complications des DIU était semblable chez les utilisatrices séropositives pour le VIH et chez les utilisatrices non infectées (43, 44). Dans une étude prospective menée au Kenya auprès de 156 femmes séropositives pour le VIH et de 493 femmes séronégatives pour le VIH, le taux d’atteinte inflammatoire pelvienne (AID) était similaire (44). La manifestation de l’AID était plus fréquente pendant les 20 premières journées suivant l’insertion après quoi le risque de l’AID était appréciablement réduit (1,6 par 1000 années-femmes) sauf lorsqu’une ITS était présente, telle que la Chlamydia trachomatis (7). De plus, l’utilisation des DIU n’était pas associée à l’augmentation de la transmission du VIH (7). On recommande l’utilisation du condom de pair avec un DIU puisque le DIU à lui seul n’offre pas une protection contre le VIH et les ITS. Qui plus est, on pourrait préféré le dispositif intra-utérin libérant du lévonorgestrel au DIU, qu’il soit utilisé seul ou de pair avec une autre méthode de protection, puisqu’il réduit la spoliation sanguine accompagnant la menstruation, le risque d’anémie et le taux d’échec des contraceptifs (7, 45).
Dans une étude américaine menée auprès de 360 clients de planification familiale, 12 % utilisaient une double protection contre le VIH et les ITS (51). Une autre étude américaine a révélé que vingt-neuf pour cent des utilisateurs d’une double protection étaient toujours protégés contre les ITS comparativement à 25 % qui n’utilisaient que le condom. Une autre étude américaine a trouvé que 39 % des femmes qui vivent avec le VIH/sida utilisaient une double protection (179 séropositives pour le VIH, 182 séronégatives pour le VIH) et que 30 % n’utilisaient que des condoms (52). Comparés aux utilisateurs qui n’ont recours qu’à des condoms, les utilisateurs d’une double protection n’étaient pas appréciablement plus aptes à être séropositifs pour le VIH. Un essai contrôlé randomisé sur la double protection effectué en Zambie auprès de couples discordants pour le VIH (92 %; N = 251) a trouvé une augmentation trois fois supérieure de l’utilisation des contraceptifs comparée au groupe témoin (53). Les sujets participant à l’étude qui faisaient partie du groupe d’intervention de la double méthode avaient reçu des services de counselling directs et on avait offert un large éventail de contraceptifs à ce groupe comparativement au groupe témoin. L’utilisation du condom était régulière, ce qui laissait croire qu’on ne remplaçait pas les contraceptifs par des condoms. Est-ce que l’intégration de la planification familiale, de la prévention du VIH et des services de counselling augmente l’utilisation des contraceptifs ?Les services qui offrent la prévention du VIH, la planification familiale (PF) et les services de counselling sur la contraception à l’intention des femmes et des couples, et ce de façon intégrée, sont de plus en plus reçus par les décideurs et les chercheurs. On a trouvé un examen effectué en 2009 qui étudiait l’utilisation des contraceptifs dans le cadre des programmes de PF et dans la prévention du VIH (54). L’examen n’a trouvé que quatre études menées avant 2008 qui répondaient aux critères; deux ont trouvé un effet positif et deux ont produit des résultats partagés. Les résultats des deux études donnant des effets positifs sont les suivants : (a) les femmes rwandaises qui avaient reçu des services de counselling sur le VIH et sur la planification familiale, et qui avaient subi des tests liés au VIH, avaient augmenté leur utilisation de la contraception hormonale en allant de 16 % avant intervention à 24 % cinq mois après intervention (55); (b) les femmes tanzaniennes qui recevaient des soins après un avortement, des services de counselling sur la PF et qui avaient subi des tests de VIH ont augmenté leur utilisation de la contraception hormonale en allant de 27 % à 52 % après intervention (56). Une intervention à multiples volets effectuée au Kenya qui offrait des séances de counselling sur la planification familiale et des contraceptifs gratuits aux couples sur place, a révélé une augmentation de l’utilisation des méthodes de contraception autres que les méthodes de barrières allant de 31 à 65 % chez les femmes qui vivent avec le VIH/sida et de 29 à 47 % chez les femmes séronégatives pour le VIH (57). Une étude qui portait sur les femmes qui vivent avec le VIH/sida et qui fréquentaient deux cliniques en milieu urbain au Rwanda, a démontré que lorsqu’on offrait des contraceptifs aux femmes sur place (les implants contraceptifs ou les DIU) au lieu de les renvoyer à une autre clinique de planification familiale pour obtenir des contraceptifs, les utilisatrices sur place étaient plus susceptibles d’accepter les implants (58). Ces deux dernières études kényane et rwandaise ont indiqué que l’accès direct aux contraceptifs sur place augmente les chances de leur utilisation. Une étude menée par Prata, Sreenivas et Bellows (59) a étudié l’efficacité des services combinés ou distincts de planification familiale et de prévention du VIH au Zimbabwe et au Mozambique. Comparé au Mozambique, le programme de planification familiale du Zimbabwe, qui est plus indépendant et administré de façon verticale, et son programme de prévention du VIH moyennement fort n’ont pas fait augmenter l’utilisation du condom au niveau désiré. Cependant, le Mozambique a un programme de planification familiale beaucoup moins rodé, mais étant donné qu’il est intégré à son programme de prévention du VIH qui est fort, il y a une augmentation appréciable du taux d’utilisation du condom (59). Chez les femmes qui vivent avec le VIH/sida en Ouganda, qui fréquentaient une clinique VIH et qui utilisaient des méthodes de contraception au cours des trois mois précédents, celles qui suivaient des traitements antirétroviraux étaient plus de deux fois plus susceptibles d’utiliser des méthodes de contraception que leurs homologues qui ne suivaient pas de traitements antirétroviraux (60). Les femmes qui vivent avec le VIH/sida et qui suivaient des traitements antirétroviraux étaient également plus de trois fois plus aptes à utiliser des condoms que celles qui ne suivaient pas de traitements de thérapie antirétrovirale. Les résultats statistiques de cette étude étaient considérables. Cette étude démontre que l’intégration des soins, l’offre simultanée de traitements du VIH et les services de counselling sur la planification familiale et autres, sert de modèle à une utilisation accrue de contraceptifs chez les femmes qui vivent avec le VIH/sida et qui fréquentent les cliniques. Enfin, une analyse d’une modélisation mathématique a révélé que l’utilisation de la PF contribuerait autant ou plus que la thérapie antirétrovirale en prophylaxie à la prévention de la transmission verticale mitigeant ainsi le fardeau de la maladie pédiatrique du VIH attribuable à une grossesse non désirée (61). Lacunes en matière de rechercheBon nombre d’études sur le VIH et la contraception, y compris certaines mentionnées ci-dessus, ont été menées dans des pays en développement et les résultats pourraient ne pas s’appliquer au contexte canadien. Plusieurs installations rurales et urbaines disposent d’un nombre restreint de méthodes de contraception à l’intention des femmes qui vivent avec le VIH/sida. Il faut d’autres études plus rigoureuses sur l’association entre la contraception hormonale et la transmissibilité du VIH et la progression des maladies. Il y a un manque d’information sur le meilleur moyen de fournir des services aux femmes qui vivent avec le VIH/sida (c.-à-d. les médecins, les cliniques indépendantes) au Canada et sur les questions de contraception relativement aux femmes qui vivent avec le VIH/sida et qui sont les plus vulnérables (p. ex., les Premières nations, les utilisatrices de drogues injectables, les adolescentes et les immigrantes des pays où le VIH est endémique). Source : Centre de collaboration nationale des maladies infectieuses (Winnipeg, Manitoba, Canada) www.ccnmi.ca | ||||||
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| Date de publication : Mardi 25 mai 2010 | ||||||



